En voiture du grand Nord au centre du pays

Nous quittons le village et le lac de Tsagaan Nuur à bord de deux UAZ et partons plein sud en suivant le fond de la vallée. Nous retrouvons rapidement le pont à péage que nous avons traversé à pied deux jours auparavant.

Ce pont paraît rustique mais il peut supporter de lourdes charges.


 Un peu plus loin, nous retraversons la rivière à gué.

La vallée de Darkhad, que nous suivons vers le sud, est dominée par la chaîne de montagnes que nous avons traversée à pied quelques jours auparavant, le Khoridol Saridag.

 Son point culminant (un peu plus de 3000m) est une belle montagne pyramidale.

 Nous faisons étape près de la rivière.


 Le col qui nous fait sortir de la vallée est marqué par une rangée d'ovoos et un beau portique.



Après le col, nous redescendons dans une large vallée et faisons la pause pique-nique près de la rivière.

Nous y sommes surveillés de près par un habitant des lieux sans doute intéressé par les reliefs de nos repas.


 

Nous traversons ensuite d'autres montagnes,

 et forêts.

Notre chauffeur fait une petite pause.

La piste se faufile entre les bosses,

puis le terrain s'aplanit et nous profitons de quelques dizaines de kilomètres de goudron à l'approche de la ville de Mörön, où nous avions atterri il y a une dizaine de jours, et où hôtel et douche nous attendent. 

Le lendemain, nous poursuivons vers le sud et retrouvons rapidement piste et relief.

Nous faisons étape en lisière de forêt, dans une belle prairie couverte d'edelweiss.


Nous avons le temps de faire l'ascension à pied de la petite montagne qui surplombe le camp, 



 d'admirer la vue,

ainsi que les fleurs qui poussent près de la crête (la première est une Orostachys, les secondes peut-être du gazon d'Espagne),

et de redescendre rapidement (admirez le maniement des bâtons!) avant le coucher du soleil.

Dîner emmitouflé (la température baisse vite quand le soleil disparaît)

et coucher de soleil sur le camp.

Le lendemain matin, nous avons la chance d'apercevoir un troupeau de chameaux de Bactriane (ce seront les seuls de notre voyage, ils sont plus nombreux dans le sud (Gobi) et l'ouest (Altai) du pays que dans les régions que nous visitons),

et aussi des animaux plus petits mais irrésistibles.

Après quelques heures de piste, nous atteignons le village de Jargalant, où nous déjeunons dans un petit restaurant très bien décoré. 

Peu après, la piste cabossée est remplacée par une belle route toute neuve qui relie la Russie au centre de la Mongolie en passant par le "grand lac blanc" (Terkhin Tsagaan Nuur), près duquel nous allons passer deux nuits dans un camp de yourtes (en bas à droite).

 

Vue rapprochée de notre camp. Il a été construit spécialement pour le tourisme, ce n'est pas un camp de nomades comme ceux de la vallée de l'Orkhon où nous irons dans quelques jours.  

Intérieur de la yourte mess (sur la table une bouteille de vodka "Chinggis Khan", l'une des nombreuses marques locales).

Le sympathique gardien des lieux. 

Notre yourte à deux places.  


L'intérieur de la yourte. Pour les mauvais esprits, la bouteille sur la table n'a pas été bue en Suisse mais partagée avec l'ensemble du groupe dans la tente mess.

 
 
Le lac est dominé par le volcan Khorgo. Nous profitons de notre journée libre pour aller voir son impressionnant cratère, à un peu plus de deux heures de marche de notre camp.


 L'éruption qui a formé ce cratère d'une centaine de mètres de profondeur a eu lieu il y a 8000 ans et est également responsable de la formation du lac.

Vue du fond du cratère (où l'on peut apercevoir un randonneur intrépide - pas l'un d'entre nous) :

L'ovoo sommital.


 Le bord du cratère est fréquenté par de nombreux touristes, car il y a un parking à proximité et seul le dernier kilomètre de montée doit nécessairement se faire à pied.

Pour notre part, nous apprécions la marche d'approche depuis le lac, qui permet d'explorer les champs de lave qui entourent le cratère.   

Depuis le petit col qui sépare le lac des champs de lave, le cratère présente un aspect caractéristique, digne d'une étiquette de bouteille de Volvic.

Et de l'autre côté, le lac nous attend. 

Nous terminons la journée en profitant des plages et de la température raisonnable de l'eau du lac (d'après notre expérience, autour de 18°) . 

 

Une curieuse formation rocheuse au bord du lac attire notre attention. Elle a une forme bizarre pour une coulée de lave.

En nous approchant, 

nous constatons qu'il s'agit d'une forêt de cairns, édifiée à partir des pierres de lave extraites des coulées voisines.  

La prairie voisine accueille une famille de yaks.

Le soir, le lac joue avec les nuages.


 A l'approche du coucher de soleil, le ciel paraît prêt à nous tomber sur la tête,

 

mais le lendemain matin, il est parfaitement lavé.

Le lac Terkhin Tsagaan Nuur est un endroit où l'on s'attarderait volontiers mais il faut continuer la route et donc sortir les bagages des yourtes. Les portes sont basses et demandent une certaine attention, mais ce n'est pas cette porte là qui est responsable du pansement sur ma tête mais celle du 4x4 UAZ... 

Au revoir! 

La route suit la rivière issue du lac, qui a creusé des gorges dans le basalte.

Le photographe photographié.

Sur l'aire d'arrêt près des gorges.


La rivière à la sortie des gorges (le terrain est encore volcanique).

Un peu plus loin, en traversant un village, nous avons la surprise d'identifier instantanément un service public (habituellement, tout est écrit en caractères cyrilliques)

Et après quelques heures de route, nous arrivons à Karakorum, l'ancienne capitale de l'empire mongol, et découvrons l'impressionnante enceinte du monastère d'Erdene Zuu, ornée de ses 108 stupas.

 

Nous entrons à l'intérieur de l'enceinte du monastère.

 

Erdene Zuu a été construit en 1585, lorsque la Mongolie a été réunifiée sous la bannière du bouddhisme. Il comptait plusieurs dizaines de temples et plus d'un millier de moines au début du XXeme siècle mais de nombreux temples ont été détruits pendant la période soviétique. Ceux qui restent ont été bien restaurés.



Le bâtiment ci-dessous, de style tibétain, a repris en 1990 une activité monastique (les autres sont des musées).

Erdene Zuu a été construit sur les ruines de l'ancienne capitale des descendants de Gengis Khan, détruite par les Ming en 1380, en réemployant les pierres. Le lion ci-dessous est un des seuls vestiges intacts de la capitale du XIIIe siècle. 


La décoration intérieure des temples est remarquable. Elle incorpore aux sujets classiques du bouddhisme tibétain des éléments plus spécifiquement mongols. Sur les thangkas ci-dessous, des divinités redoutables chevauchent ainsi un chameau de Bactriane, un cheval, un ours. et un yak. 


Une autre thangka fantastique.

 

Les fresques murales des temples présentent aussi un bestiaire étonnant.

 Un guerrier mongol au milieu du zoo.

 

 Sur d'autres fresques, les sujets, humains et animaux, viennent d'ailleurs.

 


Dans un autre temple, les fresques, d'un style très différent, présentent des sujets classiques du bouddhisme tibétain (ici, Tsongkhapa et ses disciples),

mais aussi une bande dessinée colorée d'un dessin plus naïf.

 

Les statues et masques sont également remarquables.

Padmasambhava (Guru Rinpoche).


Tsongkhapa.

Et une divinité terrible (Mahakala ?) sur un cheval ou un âne.
 

Nous quittons le monastère à regret à l'heure de la fermeture pour passer la nuit à quelques kilomètres, dans un camp de yourtes au milieu de la steppe.

Une yourte en transit.

L'imposante yourte restaurant.

Un concert de musique traditionnel est proposé après le dîner.

Ce camp touristique est luxueux. Nos yourtes ont une salle de bains attenante, avec douche chaude.

Le lendemain soir, nous dormirons aussi dans des yourtes, mais chez les nomades, et sans douche (article suivant)...
 



 

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